Tempête

Dans nos régions en Europe de l’Ouest, ce risque tempête présente un caractère saisonnier. Ces phénomènes apparaissent plutôt en automne et hiver, comme en témoigne la saison hivernale 2013-2014 en France.

Sur notre territoire, ce sont en moyenne 15 tempêtes/an qui affectent nos côtes, dont une à deux peuvent être qualifiées de  » fortes  » selon les critères utilisés par Météo-France (vent et pression atmosphérique). Ces tempêtes représentent un risque naturel majeur par l’ampleur des conséquences (humaines, économiques, environnementales) qu’elles peuvent générer.

 

Qu’est-ce qu’une tempête ?

En météorologie, une tempête est un phénomène météo violent d’échelle planétaire, de diamètre variable (200 à 1000 km), associé à :

  • Une baisse de pression (15 hPa en 3h correspond à vent force 10)
  • Des vents rapides tourbillonnaires générés par un système de basses pressions (dépression) compris entre 89km/h et 117km/h et des rafales de 110 à 150km/h.
  • Des pluies intenses parfois des orages, de la grêle et des petites tornades
Comment se forme une tempête ?

La formation des tempêtes trouve son origine dans le contact des masses d’air.

Sous nos latitudes, l’air froid descend du nord tandis que l’air chaud remonte du sud. De plus, sous l’effet de la rotation de la Terre (force de Coriolis), un mouvement rotatif de grande échelle se met en place ce qui favorise la formation des dépressions. Plus la différence de pression atmosphérique est importante entre le cœur de la dépression et les hautes pressions environnantes (anticyclones), plus les vents qui s’y engouffrent souffleront forts.

Les zones de contact, de transition sont appelées des fronts. Le plus souvent, un front s’accompagne d’une perturbation (système tourbillonnaire qui traduit une interruption momentanée de l’état d’équilibre de l’atmosphère.

 

Effet des tempêtes sur le littoral aquitain : rapport public du 13 février 2014:

Exemple de l’impact de l’hiver 2013-2014 sur le littoral aquitain : fort recul ponctuel du littoral atlantique aquitain durant

Un rapport du BRGM en date de février 2014 montre que les tempêtes de décembre 2013 – janvier 2014 ont provoqué :

  • d’importants phénomènes d’érosion entraînant un recul du trait de côte (=limite des plus hautes mers) et abaissement du profil des plages et aplanissement, ce qui limite leur résistance aux assauts de la mer.

Dans de nombreux sites de la côte sableuse ou rocheuse (Gironde, Landes, Bassin d’Arcachon, Pays basque), le recul du trait de côte peut ainsi parfois atteindre jusqu’à 10 mètres de profondeur

  • la disparition temporaire des barres sableuses intertidales renforce la fragilité des plages.
  • des phénomènes et de submersions marines (inondation temporaire par la mer) se traduisant par des dégâts matériels en front de mer (destruction d’accès de plage, fragilisation d’enrochements par chutes de blocs, endommagement de bâtiments, etc.).
  • Outre la destruction des accès de plage et l’altération des ouvrages côtiers (perrés, enrochements, promenade, etc.), cette érosion remet en cause l’existence de bâtiments ou d’infrastructures

http://www.brgm.fr/content/effets-tempetes-sur-littoral-aquitain-consulter-rapport-public

http://www.observatoire-cote-aquitaine.fr/Tempetes-de-decembre-2013-et-janvier-2014-quels-effets-sur-le-littoral-aquitain

http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/tempetes-atlantiques-erosion-cotiere-urbanisation-et-amenagement-durable-des-enjeux-d2019avenir

 

Quelle gestion pour le risque tempête ?

Il n’existe pas de prévention à l’image de celles pour les inondations.

Il est effet impossible de cartographier un zonage des risques faibles à forts tant la zone d’extension des tempêtes, leur trajectoire et leur intensité est aléatoire d’un événement à l’autre. Les caractéristiques de l’aléa difficiles à cartographier, il n’existe pas de PPR tempête ni de mesures spécifiques de prévention à l’image des mesures mises en œuvre pour le risque cyclonique (mesures de construction paracycloniques par exemple).

De plus, la tempête engendre effets domino et rend beaucoup plus difficile la mise en œuvre de mesures visant à réduire le risque.

De ce fait l’accent est mis sur la surveillance, la prévision météo et l’alerte via la carte de vigilance. Comme pour l’ensemble des risques, l’aléa dépend à la fois de l’intensité du phénomène et de sa durée.

 

La prévision :

Auparavant, même une fois prévue la formation d’une dépression, il était tout de même difficile de quantifier longtemps à l’avance sa trajectoire précise et la force des vents qui l’accompagneront. Les éléments qui entraînent l’intensification d’une tempête sont désormais identifiables quelques jours avant.

En effet, de grands progrès ont été réalisés dans la modélisation depuis 1999. Météo France utilise 2 modèles de prévision numérique :

  • ARPEGE : (Action de Recherche Petite Echelle Grande Echelle) modèle planétaire à maille (quadrillage) variable (7.5 km sur France et 37 km aux antipodes). Fournit prévisions 4fois/j à 0, 6, 12 et 18h UT avec des échéances maximales de 102h, 72h 114h et 60h.
  • ALADIN/France pour l’Europe occidentale et centrale. Il fournit des prévisions à échelle plus fine avec maille de 7 à 10km à courte échéance (48h le matin et 36h le soir).

Par exemple, la prévision de Klaus en 2009 avait été un succès et celle de Xynthia en 2010 a été ternie par la réaction de la mer qui, par effet de surcote (marée haute de fort coefficient), a submergé un littoral vulnérable.

Météo France réalise maintenant des prévisions sur 7 jours avec une bonne précision sur l’apparition des tempêtes et leur trajectoire.

Météociel permet de suivre l’évolution de la météo en temps réel.

 

L’alerte :

Suite aux tempêtes de 1999, les procédures d’alerte ont évolué vers la mise en place en 2001 de la procédure dite « vigilance météo ». Ces mesures ont pour but de décrire les dangers des conditions météo des prochaines 24h et les conseils de comportement adaptés. Des cartes sont émises 2 fois par jours à 6h et 16h.

 

L’augmentation de la fréquence des tempêtes et le changement climatique : un lien ?

Les violentes tempêtes qui ont occasionné des dégâts importants sur l’Europe dans les deux dernières décennies relancent régulièrement le débat concernant l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes, et le rôle du réchauffement climatique.