Séisme

L’aléa sismique est la probabilité qu’un séisme destructeur se produise dans une région donnée pendant une période donnée.

 

 

L’évaluation de l’aléa sismique se base sur la distribution temporelle et spatiale des séismes de la région étudiée, c’est-à-dire sa sismicité. L’hypothèse principale qui régit l’évaluation de l’aléa sismique est celle supposant que les séismes passés peuvent se reproduire dans la zone où ils sont apparus. La plupart des séismes historiques utilisés dans l’évaluation de l’aléa sismique se sont produits à des époques où ils ne pouvaient être enregistrés, ce qui pose le problème de l’absence de mesures directes de leur magnitude.

Pour plus de renseignements sur l’historique sismique de la France : http://www.sisfrance.net

Qu’est-ce qu’un séisme ?

Un séisme se traduit par un relâchement de l’énergie élastique accumulée dans les roches, conséquence des contraintes tectoniques. Il est le résultat d’un déplacement direct et brutal le long de la faille. Cette énergie élastique se libère au niveau des failles. Lorsque les parois de la faille glisse l’une par rapport à l’autre il y a production de différentes ondes sismiques (P,S, Raleigh) qui sont émises dans toutes les directions. Le point de départ de la rupture des roches est appelé « foyer ou hypocentre ». Le point de la surface terrestre situé à la verticale du foyer est appelé « épicentre ».

Il existe différents types d’ondes sismiques :

  • Les ondes P (onde primaire) qui sont des ondes de volume et les plus rapides. Elles suivent le même mécanisme que celui des ondes sonores. Elles compriment et étirent les roches. Elles peuvent se déplacer dans les roches solides et les milieux liquides.
  • Les ondes S (onde secondaire) également des ondes de volume qui ne peuvent se propager que dans des milieux liquides. Elles se propagent en cisaillant les roches perpendiculairement à sa direction de propagation.

On distingue également des ondes de surface dont leur déplacement est limité au voisinage de la surface du sol. Ces ondes sont plus lentes que les ondes de volume. Elles ressemblent aux rides formées à la surface d’un milieu liquide :

  • Les ondes love ont un déplacement ressemblant à celui des ondes S mais sans le mouvement vertical. Elles déplacent le sol d’un côté à l’autre dans une surface horizontale perpendiculairement à sa direction de propagation. Elles sont plus rapides que les ondes de Raleigh.
  • Les ondes de Raleigh, semblables à des vagues qui roulent sur l’océan, se déplacent à la fois verticalement et horizontalement sur une surface verticale, parallèle à la direction de propagation de l’onde. Elles se déplacent dans des milieux liquides.

L’échelle de Rischter a été créée pour définir la magnitude d’un séisme en mesurant l’énergie libérée au foyer.

DEGRÉS DÉGÂTS OCCASIONNÉS
2.5 Enregistré uniquement par les sismographes
3.5 Ressenti mais sans aucun dégât
4.5 Dégâts locaux
6 Séisme destructeur
7 Séisme gravement destructeur
8 et plus Séisme dévastateur ou catastrophique

 

L’intensité des séismes peut également être mesurée avec l’échelle de Mercalli qui se base sur l’observation des effets et des conséquences d’un séisme en un lieu donné.

Conséquences :

Les conséquences humaines

Le séisme est le risque naturel majeur, le plus rare mais le plus meurtrier, tant par ses effets directs que par ses effets induits (mouvements de terrain, tsunamis, etc.). Le séisme entraîne non seulement de victimes mais également des déplacements de populations.

Les conséquences économiques

Un séisme et d’éventuels effets dominos peuvent engendrer l’endommagement ou la destruction des habitations, des outils de production (usines, bâtiments des entreprises, etc.), des ouvrages d’art (ponts, routes, etc.), des réseaux d’eau, d’énergie ou de télécommunications, causant des pertes matérielles directes mais aussi des perturbations importantes de l’activité économique et de l’organisation des secours.

Les conséquences environnementales

Un séisme peut engendrer des pollutions importantes des milieux naturels liées à la rupture d’équipements industriels (ex. : stockage d’hydrocarbures déversé en mer). Par ailleurs, un séisme fort peut se traduire en surface par des modifications du paysage (décrochements, apparition ou tarissement de sources, glissements pouvant barrer une vallée,…).

 

Prédiction :

Pour pouvoir prédire un séisme, il faut connaître les signes précurseurs qui peuvent se manifester avant le séisme :

  • Elévation de la microsismicité
  • Apparition de microfissures dans les roches dues aux contraintes auxquelles elles sont soumises
  • Comportement anormal des animaux qui y sont plus sensible.

 

Prévision :

La prévision à court terme : C’est la recherche d’un ensemble de méthodes permettant de prévoir la date, le lieu et la magnitude d’un séisme à venir ; pour l’instant la science ne le permet pas.

La prévision à long terme : l’analyse de la sismicité historique (récurrence des séismes), de la sismicité instrumentale et l’identification des failles actives permettent d’évaluer l’aléa sismique d’une région, c’est-à-dire la probabilité qu’un séisme survienne dans une région donnée sur une période donnée (50 ans, 500 ans, …). Un zonage sismique de la France selon cinq zones a ainsi été élaboré (décret no 2010-1255 du 22 octobre 2010). Ce zonage est basé sur un découpage communal.
La prévision se base sur l’étude historique des séismes et l’instrumentation. Grâce aux données recueillies une cartographie de l’aléa peut être réalisée. Ces données sont :

  • La localisation des failles différentes failles actives où des déplacements ont été enregistrés
  • Les zones sismectoniques
  • La détermination de la propagation de l’énergie en fonction de la distance à l’épicentre, de la magnitude et des propriétés physiques des roches.
Prévention :

Les mesures de prévention :

Consigne à suivre :

L’impossibilité de prévoir, concrètement, un séisme et d’alerter la population à temps limite les possibilités de mise en sécurité des personnes lors de survenue de l’événement sismique. Les actions de prévention sont donc essentielles ; la préparation à la gestion de crise reste toutefois indispensable pour sauver un maximum de vies et éviter une aggravation de la catastrophe. L’État et les collectivités territoriales ont le devoir d’organiser les moyens de secours nécessaires pour faire face aux crises. La population doit, elle, s’y préparer en s’informant des risques et en respectant les consignes à suivre avant, pendant et après une catastrophe.

Les consignes à suivre pour se protéger vis-à-vis du séisme sont les consignes générales (définies pour l’ensemble des risques naturels et technologiques) et les consignes spécifiques au séisme.

 

Consignes générales à respecter en cas de catastrophe Consignes spécifiques au risque sismique 
Avant
  • Prévoir les équipements minimum de survie (radio portable avec piles, lampe de poche, eau potable, papiers personnels, médicaments d’urgence, couvertures, vêtements de rechange, matériel de confinement).
  • S’informer en mairie :
  • des risques encourus ;
  • des consignes de sauvegarde et du signal d’alerte national.
  • Organiser le groupe dont on est responsable ; discuter en famille des mesures à prendre si une catastrophe survient (protection, évacuation, points de ralliement).
  • Participer aux exercices de crise.
  • Faire diagnostiquer la vulnérabilité au séisme de son bâtiment (par un professionnel de la construction parasismique) et, si nécessaire, le faire renforcer.
  • Identifier les lieux où se protéger (murs solides, encoignures de ports, tables résistantes…).
  • Repérer les points de coupure de gaz, d’eau, d’électricité.
  • Fixer les meubles lourds, enlever les objets lourds en hauteur.
  • Préparer un plan de regroupement familial.
Pendant
  • S’informer : écouter la radio : les premières consignes sont données par Radio-France et les stations locales de France Ô.
  • Informer le groupe dont on est responsable.
  • Penser aux personnes âgées et handicapées.
  • Ne pas aller chercher les enfants à l’école.
  • Ne pas téléphoner (les réseaux doivent rester disponibles pour les secours).
  • Se protéger en restant où l’on est :
    • à l’intérieur : s’abriter dans un endroit repéré préalablement ;
    • à l’extérieur : s’éloigner des bâtiments, des lignes électriques ou de ce qui peut s’effondrer (ponts, corniches, toitures, cheminée, etc.) ;
    • en voiture : s’arrêter dans un endroit dégagé et ne pas descendre avant la fin des secousses.
  • Se protéger la tête avec les bras.
  • Ne pas allumer de flamme.
Après
  • S’informer : écouter et suivre les consignes données par la radio et les autorités.
  • Informer les autorités de tout danger observé.
  • Apporter une première aide aux voisins.
  • Se mettre à la disposition des secours.
  • Évaluer les dégâts et les points dangereux, s’éloigner de ces derniers.
  • Sortir des bâtiments, ne pas se mettre sous ou à côté de lignes électriques et de ce qui peut s’effondrer.
  • Ne pas prendre les ascenseurs pour quitter un immeuble.
  • Couper l’eau, l’électricité et le gaz : en cas de fuite, ouvrir les fenêtres et les portes, se sauver et prévenir les autorités.
  • Après la première secousse, se méfier des répliques : il peut y avoir d’autres secousses.
  • S’éloigner des zones côtières, même longtemps après la fin des secousses, en raison d’éventuels tsunamis (qu’il y ait ou non retrait de la mer).

 

Réglementation

La réglementation impose l’application de règles parasismiques pour les constructions neuves. Ces règles sont définies dans la norme Eurocode 8 qui a pour but d’assurer la protection des personnes. En cas de secousse  » nominale « , c’est-à-dire avec une amplitude théorique fixée selon chaque zone, une construction du bâti courant peut subir des dommages irréparables, mais ne doit pas s’effondrer sur ses occupants. En cas de secousse plus modérée, l’application des dispositions définies dans les règles parasismiques devrait aussi permettre de limiter les destructions et, ainsi, les pertes économiques. L’arrêté du 22 octobre 2010 fixe les règles de construction parasismique pour les bâtiments à risque normal, applicables aux nouveaux bâtiments, et aux bâtiments anciens dans des conditions particulières, dans les zones 2 à 5.

Des règles spécifiques sont utilisées pour les équipements et installations, les ponts, les barrages, les installations classées et les installations nucléaires. Les grandes lignes de ces règles de construction parasismiques sont le bon choix de l’implantation (notamment par la prise en compte de la nature du sol), la conception générale de l’ouvrage (qui doit favoriser un comportement adapté au séisme) et la qualité de l’exécution (qualité des matériaux, fixation des éléments non structuraux, mise en œuvre soignée).

Le dispositif réglementaire parasismique repose sur les articles R.563-1 à R.563-8 et D.563-8-1 du code de l’environnement, ainsi que sur les arrêtés ministériels d’application précisant les règles parasismiques applicables aux différents types d’ouvrages. La réglementation parasismique a été actualisée par la parution des décrets n°2010-1254 et n°2010-1255 du 22 octobre 2010, modifiant le zonage sismique et introduisant les nouvelles règles de construction parasismique. Cette nouvelle réglementation est entrée en vigueur le 1er mai 2011.

Information :

L’information de la population : le droit à l’information générale sur les risques majeurs s’applique. Chaque citoyen doit prendre conscience de sa propre vulnérabilité face aux risques et pouvoir l’évaluer pour la réduire. Pour cela, il est primordial de se tenir informé sur la nature des risques qui nous menacent, ainsi que sur les consignes de comportement à adopter en cas d’événement et les actions à conduire, comme la prise en compte des règles de construction parasismiques (site du MEDDTL, prim.net, mairie, services de l’État).

 

Réseau de surveillance :

Il existe plusieurs observatoires, implanté partout dans le monde, qui permettent une surveillance permanente et le suivi continu des phénomènes sismiques et volcaniques. Ces observatoires mènent aussi des études fondamentales sur les systèmes volcaniques et tectoniques. Leur mission principale est d’assurer :

  • La surveillance des volcans actifs, dans le but de comprendre les phénomènes internes liés à l’activité volcanique, détecter le changement de comportement et l’évaluer en termes de potentiel éruptif
  • Le suivi permanent de l’activité sismique régionale, ce qui permet d’enregistrer les séismes majeurs et de cumuler les observations sur des durées importantes afin de contribuer à la zonation sismique
  • L’information des autorités responsables et des médias sur les caractéristiques de chaque événement et la protection des personnes et des biens.
Quel risque sismique dans la région Nouvelle-Aquitaine ?

 

Risques sismique sur la région Nouvelle-Aquitaine  : description, réglementation, zonage sismique,…

Retour sur les évènements du territoire : séisme de Charente-Maritime du 28 avril 2016

Les textes fondateurs relatifs au risque sismique sont accessibles à partir de prim.net:  http://jurisprudence.prim.net/textesFondateurs2011/risqueSismique.tpl.php

 

Une carte des séismes récents et des relevés d’informations, fournis par le Réseau National de Surveillance Sismique (Université de Strasbourg), sont disponibles à partir du lien suivant : http://renass.unistra.fr/

 

Le Bureau Central Sismologique Français permet grâce aux divers témoignages de fournir une visualisation en temps réel via la carte des intensités macrosismiques : http://www.franceseisme.fr/donnees/intensites/cartetem.php